HADOPI : La colère de l'AFA et les pressions de Nicolas Sarkozy sur l'Union Européenne
On savait le Ministère de la Culture à même d'apporter des réponses que lui seul se pose et madame Albanel à la recherche de 6,7 millions d'euros pour financer la riposte graduée... ce sont donc les fournisseurs d'accès qui paieront la facture... les fournisseurs d'accès, en fait, ça veut dire nous, les utilisateurs. Et le pire de tout, c'est que notre président de la République semble y tenir au point de faire pression sur la Commission Européenne !
L'AFA ne décolère pas. Les positions de Free étaient déjà très claires, celles de l'Association des Fournisseurs d'Accès est maintenant elle aussi limpide. C'est un taulé général des professionnels de l'Internet contre le projet de loi du gouvernement. S'il ne l'est pas encore des utilisateurs, c'est parce que ces derniers sont complètement désinformés par de puissants lobby. Qui aurait cru que l'industrie du disque pouvait être un puissant lobby d'ailleurs ? ... un métier vieillissant qui consiste à vendre des CD, support complètement dépassé et inadapté, ou à freiner des quatre fers quand on aborde le sujet de l'offre légale.
Le volet répressif est prioritaire, en revanche l'offre légale visant à proposer à l'internaute des alternatives au p2p n'est même plus à l'ordre du jour !
« L’industrie du contenu a tout fait pour éviter de discuter de promotion de l’offre légale. La première réunion qui devait avoir lieu au CNC, plus d’un an après la signature de l’accord, a été purement et simplement annulée. Il n’y a plus aucune date de fixée (…) Pourquoi ces discussions sont reportées alors qu’il s’agissait des termes de l’accord Olivennes ? ». Dans le même temps, « rien n’est proposé à l’Internaute ! On parle de le sanctionner, de mettre en place une mesure rejetée par le reste de l’Europe, et cela à la charge des FAI. Si l’industrie du contenu veut poursuivre les internautes, qu’elle le fasse ! Mais qu’elle n’aille pas en plus demander aux opérateurs privés, dont ce n’est pas le rôle, d’assumer cette mission ».
Dans ce dossier ahurissant, on s'insulte aussi, on hésite pas à évoquer le "délire paranoiaque" d'un élu Européen ou le "délire en réseau" de 594 députés qui ont voté un amendement visant à empêcher une autorité de se soustraire au pouvoir judiciaire, une très inquiétante dérive promise par l'HADOPI qui créerait un précédent très favorable à l'écoute généralisée des réseaux par des entités sans aucun pouvoir judiciaire légal.
Malgré ce camouflet, Christine Albanel fait la sourde oreille et cherche des fonds pour financer le coût de l'HADOPI. On ne sait pas trop si elle a trouvé ça toute seule, mais ce seront les FAI qui paieront ! Comme vous vous en doutez, si les FAI doivent payer l'addition, c'est au final l'utilisateur qui devra s'acquitter de la facture. Comprenez en clair que c'est l'utilisateur qui va financer la milice des majors déclarée anticonstitutionnelle au niveau européen ! Un comble ! Le contribuable financera donc une industrie vieillissante toujours bien incapable de se poser les bonnes questions pour repenser son métier... c'est un peu comme si on payait une licence globale donant le droit de se faire taper sur les doigts ou interdire de connexion !
Mais même avec un projet mort dans l'œuf, voilà que le président de la république en personne souhaite faire passer son projet en force et n'hésite pas à faire pression sur l'Union Européenne ...
“Il est notamment fondamental que l’amendement n°138 adopté par le Parlement européen soit rejeté par la Commission. Cet amendement tend à exclure la possibilité pour les États membres d’appliquer une stratégie intelligente de dissuasion du piratage. Pour écarter l’amendement, je sollicite votre engagement personnel et celui de la Commissaire en charge du dossier, qui connaît particulièrement la situation des créateurs puisqu’elle était présente cette année encore pour les défendre, à vos côtés, au festival de Cannes.”
Rappelons que la "stratégie intelligente" évoquée par Nicolas Sarkozy repose sur le principe complètement stupide :
"une ip, un coupable"







