Altitude Telecom à Rodez : il va falloir payer cher sa fibre optique
Altitude Infrastructure était hier à Rodez pour présenter ses offres Wimax et Fibre optique. Mauvaise surprise, des tarifs de 1500 à 4500 euros par mois dont devront s'acquitter les entreprises pour bénéficier du très haut débit. Une situation inacceptable pour certaines se disent prêtes à délocaliser.
Le plan Numérique 2012 a laissé tout le mon. Nous avions alerté dés le début d'un risque de fracture numérique, pire que pour celle de l'ADSL, était sur le point d'émerger. Voici donc un avant goût des dommages collatéraux, conséquences de la frilosité de l'Etat à s'engager dans un "plan Marshall" du numérique pour se fixer l'objectif de rattraper la Corée du Sud connue pour son dynamisme économique dans le secteur (la Corée du sud vient d'investir 25 milliards de dollars pour passer son réseau optique en Gigabit, la bàs, 94% de la population a accès au très haut débit)..
On estime 10 milliards d'euros sur 5 ans, la somme nécessaire à couvrir 90% du territoire français en fibre optique. Les opérateurs demandaient que l'Etat participe à payer la facture à hauteur de 50%, celui-ci a refusé, et a même eu la bonne idée de créer de nouvelles taxes applicables au chiffre d'affaire des fournisseurs d'accès pour financer l'audiovisuel public a hauteur d'un milliard d'euros. L'Etat serait alors intervenu pour payer la fibre là où les opérateurs n'iront jamais car la densité d'abonnés n'est pour eux pas rentable. Les fournisseurs d'accès n'ont pas pour vocation officielle d'offrir un service public, et donc de vendre à perte.
En laissant s'installer ce genre de situation, l'Etat français prend un sérieux risque de créer une fracture numérique du très haut débit et de modifier profondément l'écosystème de régions délaissées par les opérateurs.
La Dépêche nous rapporte une réunion houleuse à laquelle Altitude Telecom (filiale de Iliad) était venue présenter ses offres fibre optique et Wimax. La présentation s'est bien déroulée jusqu'à l'annonce des offres constituées par l'infrastructure de Altitude Telecom et commercialisées par l'opérateur local Net Aveyron. Les 150 entreprises présentes se sont entendu annoncer des offres allant de 1500 à 4500 euros par mois, selon la distance et le coût les travaux de génie civil de raccordement (...) pour pouvoir surfer en très haut débit.
« J'ai la fibre optique à ma porte, mais à ce tarif, c'est inabordable », martèle Bernard Dalmon, patron de Défi 12 à La Primaube (automobile, aéronautique) qui envisage de délocaliser ses travaux collectifs à Saint-étienne ou Toulouse. « On réfléchit ».
Autre effet non mesuré de la guerre du très haut débit pour tous, la délocalisation de certaines activités que les régions, ont, elles, par le biais de l'ARF, parfaitement compris les enjeux et qui pressent l'Etat pour qu'il s'engage avec elles dans des investissements conséquents.
Il y aura bien une guerre de la fibre optique, si les zones urbaines sont celles sur lesquelles les fournisseurs d'accès se jettent, il faudra bien, un jour ou l'autre, tisser une maille plus grande, au risque de voir fuir les entreprises qui ont dans leur grande majorité besoin du très haut débit pour pérenniser leurs activités dans les années à venir. L'exclusion du très haut débit, pour certaines, c'est la mort à moyen terme.
